Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

Loi de finance: La majorité siphonne les comptes de la sécurité sociale !

La loi de financement de la sécurité sociale, votée par le Parlement tous les ans, a pour objet de fixer les objectifs de dépenses sociales et de santé, dans le champ de la Sécurité sociale, en fonction des prévisions de recettes. Une nouvelle fois, j’ai voté contre pour de nombreuses raisons:

En effet, force est de constater qu’avec une mauvaise gestion de la crise des « gilets jaunes » et une croissance moins bonne qu’espérée, le Gouvernement est moins loquace que l’année dernière. Ce sont au final 5,4 Mds de déficits prévus pour l’année 2019 et 5,1 Mds pour l’année 2020 ! Notre groupe est opposé à la hausse de la CSG dont la correction va peser pour près de 1,5 Md.

De même, le Ministre indique que « Pour les Français, c’est la même poche : les mêmes impôts, les mêmes dépenses », mais le problème n’est pas là, il est au niveau des économies que doit faire l’État sur son budget pour compenser la diminution des recettes de la Sécu !

Professionnels de santé, familles, retraités, l’ensemble des acteurs a participé à l’effort pour redresser les comptes de la Sécurité sociale et ils ont réussi, eux.

En conclusion,

Ce texte aurait dû s’appeler « Projet de loi portant diverses mesures d’ordre social ».

Si certaines mesures sont les bienvenues (comme l’indemnisation du congé de proche aidant), il ne s‘agit en aucun cas d’un budget crédible pour notre système social. Importance des déficits générés par les non-compensations (3,8 Mds d’€), absence de réponses face au défi du vieillissement, absence de réponses face à la crise des hôpitaux, casse continue de la politique familiale sont autant de caractéristiques de la 3ème loi de financement de la sécurité sociale de M.Macron.

A ce titre, les caisses de Sécurité sociale ont majoritairement émis un avis défavorable sur les orientations sur ce PLFSS, qu’il s’agisse des syndicats, de la Caisse nationale de l’assurance maladie (CNAM), de l’Union Nationale des Associations Familiales (UNAF), ou encore des organisations syndicales et patronales présentes à la Commission des accidents du travail et maladies professionnelles (CAT-MP).

Et comme l’a souligné mon collègue, le Docteur Jean-Pierre Door, qu’en est-il des projets concrets du Gouvernement sur les hôpitaux qui sont en détresse, les urgences en déshérence ? Aujourd’hui, la majorité siphonne les comptes de la sécurité sociale. Le malaise se fait même sentir dans les rangs du groupe LREM.

L’horizon 2022 du plan santé risque d’être bel et bien chimérique !