Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

Pour des parlementaires européens proches de leurs électeurs

L’Assemblée nationale a adopté la mise en place de liste nationale pour les élections européennes. Comme l’ensemble du groupe Les Républicains, j’ai voté contre cette mesure.
La Parlement européen est l’instance la plus éloignée des citoyens, revenir à des listes nationales est pour moi une erreur pour plusieurs raisons.

– Grâce aux circonscriptions, il existe une meilleure identification des députés européens qui sont ancrés dans leur territoire. La plupart des députés a ouvert des permanences, ils sont clairement identifiés par les administrations locales : préfets, chambres de commerce et d’industrie, chambres d’agriculture. Ils sont interpellés sur leurs votes et leur position au parlement européen, et rendent des comptes sur leur mandat.

– Parce qu’ils rendent des comptes à leurs électeurs, on assiste chez nos parlementaires européens à une véritable spécialisation sur divers sujets. Ils sont reconnus dans les secteurs dans lesquels ils s’investissent. Cette spécialisation et ce travail de fond sont essentiels au niveau européen où l’influence se construit dans la durée. Elle permet la continuité dans l’action et évite les allers retours politique nationale/politique européenne qui ont fortement dégradé l’image des députés européens dans les décennies passées.

Par ailleurs revenir à une liste nationale est une manœuvre politique :

La volonté de revenir à une circonscription unique à un peu plus d’un an des futures élections européennes (elles auront lieu a priori fin mai 2019) révèle purement du « tripatouillage » électoral. Ce « tripatouillage » est d’autant plus flagrant que la République en Marche est un parti jeune, en construction, dont l’ancrage local et territorial est faible. Il lui serait donc difficile de faire émerger des têtes d’affiche dans les différentes circonscriptions. Il paraît incontestable que LREM serait le principal bénéficiaire d’un scrutin à listes nationales.

L’objectif d’une telle modification est clairement d’apporter une visibilité européenne au parti présidentiel sans que l’on sache où les éventuels nouveaux élus de la majorité présidentielle siègeraient au sein du Parlement européen.  Ils devront inévitablement rejoindre un des groupes présents au PE à moins de remplir les conditions pour créer un nouveau groupe (25 membres représentants au moins un quart des Etats membres -7-) autour d’un projet européen « macroniste ».