Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

Pourquoi je me suis abstenue sur le Projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants

Le projet de loi prévoit la mise en place de la nouvelle gestion de l’affectation des étudiants dans les universités, ainsi que la suppression du régime de la sécurité sociale étudiante. L’objectif est notamment de mettre fin à la méthode du « tirage au sort » décidée au cours du quinquennat de François Hollande.

Le Plan étudiants est annoncé avec un budget de 1 milliard d’euros sur le quinquennat.

Tout d’abord, je considère que le Gouvernement prend le problème à l’envers en proposant une réforme de l’accès à l’Université avant de lancer sa réforme du baccalauréat, pour laquelle un rapport a été commandé par le Gouvernement devant être rendu en janvier 2018 pour une mise en œuvre sur trois ans devant aboutir en 2021.

Sur le fond, je considère que ce texte est une occasion manquée. En voulant à tout prix éviter de parler de sélection, le Gouvernement propose un système complexe et bureaucratique, qui n’apportera pas de solutions aux problèmes d’orientation. 

Les mesures proposées ne sont pas chiffrées, alors que l’on peut s’attendre à un coût considérable s’agissant notamment des recrutements pour traiter les demandes issues du nouveau système de sélection et des formations nécessaires pour encadrer les remises à niveau. Il en va de même pour le rattachement de la sécurité sociale étudiante au régime général.

Le Gouvernement est resté sourd aux mises en garde du Groupe les Républicains sur les risques techniques et financiers et flou quant aux conditions d’application qui se fera essentiellement par voie réglementaire.

Malgré tout cette loi constitue un progrès par rapport à la situation actuelle, en effet personne ne veut revivre les évènements de cet été où plusieurs milliers de bacheliers s’étaient retrouvés sans affectation pour la rentrée.