Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

Lettre ouverte au Président de la République sur la non assistance aux agriculteurs en danger

Alors que la majorité reste sourde aux préoccupations des agriculteurs, j’ai souhaité cosigner la lettre de mon collègue Bruno Le Maire adressée au Président de la République qui demande notamment la convocation dans les meilleurs délais d’une réunion exceptionnelle des chefs d’États européens sur l’avenir de l’agriculture en Europe.

« Monsieur le Président de la République,
Notre agriculture meurt. Elle meurt dans la colère et dans la souffrance, sans aucune réponse de votre part. Les agriculteurs disparaissent, sont en plein désarroi et sont poussés pour certains au suicide. Qu’attendez-vous pour réagir ?
Dans toutes les productions, en particulier dans le lait et dans l’élevage, des centaines de milliers de paysans ne tirent plus aucun revenu de leurs exploitations. Leurs trésoreries sont à sec. Leur endettement est au plus haut. La plupart travaillent sept jours sur sept pour des revenus de misère.
Certains baissent les bras, sans trouver aucun jeune pour reprendre l’activité. Tous sont inquiets.Comment pouvez-vous laisser faire ? Comment pouvez-vous laisser notre agriculture, ces milliers d’emplois directs et indirects, ces richesses, sa culture, disparaître ainsi ?

Quand donnerez-vous à nos paysans un ministre à temps plein, qui ne cumule pas ses fonctions avec celles de porte-parole du gouvernement ?
Notre agriculture a besoin d’un cap : produire plus et produire mieux.

Au-delà de l’aide annoncée ce jour, notre agriculture a besoin de véritables mesures d’urgence.
Nous vous en proposons cinq :
1. Des mesures conjoncturelles pour soulager des trésoreries d’exploitations, faciliter le stockage
en particulier dans la filière avicole touchée par la grippe aviaire, réduire les charges sociales des exploitants.
2. Des mesures contraignantes sur les distributeurs et les industriels pour les amener à une meilleure répartition des marges et une amélioration des revenus des producteurs.
3. Une accélération de la mise en œuvre des organisations des producteurs, pour permettre aux producteurs laitiers comme aux éleveurs de négocier leurs prix en position de force avec le reste de la filière.
4. La définition de tarifs préférentiels en matière énergétique pour les éleveurs, afin de développer le photovoltaïque et la méthanisation dans les exploitations.
5. Un gel de toutes normes supplémentaires qui entraineraient des coûts insupportables pour les exploitants et un allègement des contrôles administratifs.

Mais la crise est plus grave encore. Elle touche tous nos voisins européens, Allemagne comprise. Le modèle agricole européen est désormais remis en cause. La France, premier producteur agricole européen, doit prendre l’initiative d’une redéfinition du cadre agricole en Europe. Nous vous demandons donc Monsieur le Président de la République de proposer dans les meilleurs délais la convocation d’une réunion exceptionnelle des chefs d’États européens sur l’avenir de l’agriculture en Europe.

Cette réunion pourrait notamment étudier une redéfinition des règles européennes dans trois domaines :
1. La régulation des volumes agricoles sur les marchés
2. La défense de la préférence communautaire pour les produits agricoles européens, contre le dogme de la concurrence libre et absolue qui ruine nos producteurs
3. Le soutien à l’investissement en matière énergétique pour les productions d’élevage ».