Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

Les sujets relatifs à la bioéthique nécessitent une approche d’écoute et de prudence

L’examen en première lecture à l’Assemblée nationale du projet de loi de 32 articles relatif à la Bioéthique a nécessité dix jours d’échanges passionnés, au-delà des clivages traditionnels.

Les questions abordées dans ce texte sont toutes aussi fondamentales et pourront avoir des conséquences majeures sur la conception française de la bioéthique.

Le vote solennel dans l’hémicycle (359 pour, 72 abstention, 114 contre) a mis en avant de nombreuses divisions dans l’ensemble des groupes politiques. Quoi de plus normal que dans tous les groupes politiques, il y ait des débats et des points de vue différents !

Pour ma part, j’ai voté contre ce texte pour plusieurs raisons :

-pour un risque de transfert vers la GPA,

-le texte soulève le sujet de la filiation, c’est-à-dire, la négation du père, qui posera forcément un certain nombre de difficultés,

 -il y a le sujet des prélèvements et du stockage des gamètes pouvant se faire dans des centres privés à but lucratif. On risque réellement un dérapage nous conduisant vers la marchandisation des corps.

Aujourd’hui, je considère que les sujets relatifs à la bioéthique nécessitent une approche d’écoute et de prudence. Les questions abordées touchent à l’intime, à l’histoire personnelle de chacun, aux convictions (religieuses ou non). La PMA doit donc rester une réponse médicale pour les couples souffrant d’infertilité comme c’est déjà le cas.

S’élever contre la PMA, ce n’est pas se battre pour priver certaines personnes du bonheur qu’elles recherchent comme chacun d’entre nous.

C’est s’interroger sur le rôle dans lequel bascule la médecine. Une médecine qui n’est plus là pour guérir mais pour répondre à nos désirs.

Comment et où mettre la barrière demain quand des parents demanderont un enfant non handicapé, avec des yeux d’une certaine couleur, et pourquoi pas sur le choix d’un garçon, ou d’une fille. Où est la limite ?