Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

J’ai voté contre le Projet de Loi de Finances

Le Gouvernement a présenté le premier budget de son quinquennat, alors que toutes les conditions semblaient réunies pour faire enfin des réformes audacieuses il n’en fût rien. En effet, le Gouvernement possède une majorité écrasante, l’environnement économique est très favorable, la croissance revient, les taux d’emprunt sont historiquement bas, les carnets de commande des entreprises se remplissent, mais ce budget laisse un goût inachevé voire d’injustice.

Il y a, tout d’abord, les tours de passe-passe pour respecter la promesse démagogique du candidat Macron de supprimer la taxe d’habitation qu’il a fallu compenser par la hausse de la CSG de 1,7 point, taxant au passage 7 millions de retraités qui verront leur pouvoir d’achat diminuer.

Il y a ensuite les mauvais signaux du Gouvernement envoyés aux territoires ruraux. Les recadrages du dispositif Pinel et des prêts à taux zéro vont faire fuir les investisseurs vers les métropoles, privant ainsi de capitaux et d’investissements les zones rurales qui ont aussi besoin de nouveaux logements. Les habitants des territoires ruraux vont subir également de plein fouet l’augmentation des taxes sur l’essence et le diesel. Une hausse de 10% du prix est à prévoir à la pompe et ce, si le prix du baril de pétrole reste stable. De même, un foyer se chauffant au fioul devra, en moyenne, dépenser 145€ de plus pour l’année 2018.

Il y a les mesures à destination du bâtiment où celui-ci devra faire face à la restriction du Crédit d’Impôt pour la Transition Energétique (CITE). Il est dommage que le gouvernement ne prête pas plus d’attention à ce secteur surtout lorsque l’on sait que les emplois crées sont indélocalisables.

Il y a également le choix du gouvernement de ne pas supprimer entièrement l’ISF, préférant taxer encore et toujours les propriétaires immobiliers tout en refusant de sortir la résidence principale du calcul de l’IFI.

Et il y a la restriction des dotations aux communes également au programme du gouvernement, alors que le déficit de celles-ci compte pour moins de 10% du déficit total du pays, l’Etat impose aux municipalités un effort qu’il ne s’impose pas à lui-même.

Pour toutes ces raisons, j’ai décidé de voter contre le premier budget de l’ère Macron, en espérant que les prochains seront de meilleures factures.