Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

En direct du Congrès de Versailles : la parole et les intentions ne suffisent plus

J’ai tenu, comme la majorité de mes collègues les Républicains, à assister à ce rendez-vous dans le respect du choix du président de la République.

Cependant, nos Présidents de groupe LR à l’Assemblée et au Sénat Christian Jacob et Bruno Retailleau ont manifesté leur mécontentement eu égard au comportement du Président, en ne s’associant pas au déjeuner qui précédait.

Christian JACOB a rappelé à Emmanuel MACRON qu’il n’a jamais reçu les responsables parlementaires de l’opposition, même dans des moments essentiels comme après les derniers attentats, contrairement aux usages établis par ses prédécesseurs.

Tout ceci, alors que le Président bat des records d’impopularité, un an après son élection. En effet, Six Français sur dix ne feraient pas vraiment confiance voire pas du tout confiance à Emmanuel Macron, selon le dernier baromètre de confiance Elabe.

Un Congrès qui aura été fort coûteux – plus de 300 000 € – et surtout 1h30 d’un discours axé sur la politique générale qui aurait plutôt relevé du Premier ministre !

Si l’on peut reconnaître quelques timides avancées sociales dans la politique du Gouvernement, pour autant, la parole et les intentions ne suffisent plus. Elles doivent laisser place à des actes concrets.

C’est bel et bien un bilan d’échecs sur le plan national : plus d’impôts, moins de pouvoir d’achat, plus d’injustice sociale, moins de protection face au terrorisme, pas d’actes pour lutter contre l’immigration illégale et le développement du communautarisme… Les vrais maux de notre société ne sont pas traités comme il le faudrait alors qu’ils devraient être une priorité.

Je dénonce la forme au profit de la communication et le fond au détriment de l’action et des résultats.

Je déplore la mise en scène d’Emmanuel Macron, adepte d’une présidence marketing.

Et comment ne pas souligner son intervention portant sur « les retraités d’aujourd’hui et les pensions de réversion sans changement », qui a soulevé une clameur, un remou dans l’hémicycle, du jamais vu !

C’est du côté de la révision de la constitution que je ne partage pas la vision d’Emmanuel Macron.
Si l’on suit la logique Présidentielle, il y aurait demain, en France, deux types de députés. La première catégorie serait celle des professionnels de l’expression, issus des états-majors des partis politiques, sans lien nécessaire avec les Français. 
La seconde catégorie serait celle des députés qui auraient plus de difficulté qu’aujourd’hui à entretenir un vrai lien avec les Français, puisque leur territoire d’élection deviendrait immense : deux circonscriptions actuelles rassemblées en une seule, soit par exemple, pour le sud Seine-et-Marne, plus de 200 communes pour un seul parlementaire !

C’est précisément ce que souhaite M. Macron : affaiblir le Parlement, concentrer tous les pouvoirs dans ses mains et dans celles des techniciens qui composent sa cour … »