Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

Pourquoi j’ai voté POUR la réforme constitutionnelle sur la déchéance de nationalité

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Après avoir pris le temps de la réflexion, j’ai finalement voté en faveur du projet de loi constitutionnelle de protection de la Nation cet après-midi à l’Assemblée nationale.

 

Même si la plupart des juristes s’accordent à dire qu’une révision de la constitution n’était pas nécessaire – elle permet déjà de déchoir de la nationalité un individu qui s’est livré à des actes contre son pays – les Français ne comprendraient pas, seulement 3 mois après les attentats de Paris, que la représentation nationale n’envoie pas un message fort aux ennemis de la République.

Nous avons le devoir de réagir avec la plus grande fermeté au terrorisme qui menace les fondements et la sécurité de nos sociétés occidentales. Ceux qui ont choisi la patrie de la haine, ceux qui ont choisi de se retourner contre leur propre pays ne sont plus dignes d’être Français.

La déchéance de nationalité revêt donc avant tout une importance symbolique. Etre Français signifie avoir des droits ET des devoirs. La nationalité n’est pas acquise, elle se mérite au quotidien. A un moment où les Français perdent leurs repères, l’État a le devoir de rappeler haut et fort que certains principes de la République sont intangibles.

Mon vote en faveur de ce projet de loi s’explique aussi par un souci de cohérence car je me suis engagée à soutenir tout texte de nature à renforcer la sécurité des Français

Je veux cependant dénoncer l’attitude de François Hollande qui aura réussi, une fois de plus, avec ce texte, à cliver les Français. Au Parlement et au sein même du gouvernement, le débat a tourné à la cacophonie ambiante alors qu’il aurait dû au contraire sceller l’unité nationale sur une question aussi cruciale.

Je tiens également à rappeler que cette réforme constitutionnelle ne suffira pas à garantir la sécurité des Français. Ce dont la France a besoin, c’est avant tout un changement complet de la politique pénale du Gouvernement qui doit se traduire par la fin de toute remise automatique ou réduction de peine en lien avec les activités terroristes, par la pénalisation de la consultation régulière des sites djihadistes, par la mise en œuvre de la rétention de sûreté pour les terroristes condamnés à leur sortie de prison, par l’ouverture de centres de dé radicalisation.

Il faudra aussi revoir les Accords de Schengen et créer de vrais contrôles aux frontières de l’Europe. L’Europe est une passoire et les djihadistes pénètrent sans difficulté sur notre continent. L’Union européenne doit donc rapidement mettre en place un contrôle effectif des frontières extérieures de l’espace Schengen en créant un véritable corps de garde-frontières européens. L’Europe a été faite pour garantir la paix aux Européens. Elle doit maintenant assurer leur sécurité.