Députée de la 2ème Circonscription de Seine et Marne
Ancien Maire de Nemours

A méditer…

Je vous invite à lire ci-dessous l’éditorial de Yves Thréard paru dans l’édition week-end du Figaro. Je souscris pleinement à cette analyse.

« Les jours se suivent mais ne se ressemblent pas toujours. L’annonce, jeudi, de la construction d’un palace géant des mers par STX-France (autrefois les Chantiers de l’Atlantique), vient rompre la spirale des mauvaises nouvelles économiques accumulées depuis des mois.

Certes, ce contrat n’est qu’une oasis (nom donné à la gamme de ce paquebot) dans un paysage morose, déprimé. Il ne fait pas oublier les fermetures d’usine, la courbe ascensionnelle du chômage, la croissance en berne, le naufrage des déficits. Et il va tout juste assurer du travail, pour quelques années, aux 2000 salariés du site de Saint-Nazaire (6000 avec les sous-traitants), qui redoutaient d’en être privés, faute de commandes.

Ce « cadeau » de Noël montre néanmoins qu’il ne faut pas désespérer de l’avenir industriel en France. Pays où il y a encore un savoir-faire dans de nombreux domaines. Pays qui n’est pas forcément condamné à jouer les importateurs, ni largué par les nouveaux ogres de la planète que sont la Chine, l’Inde ou le Brésil.

Saint-Nazaire, qui a vu naître le Normandie, le France et le Queen Mary 2, a été préféré à un concurent finlandais par le croisiériste américain Royal Carribean International. L’offre a été, dit-on, peaufinée dans le moindre détail. Preuve que la compétitivité reste le secret du succès. La conquête des marchés, la vaillance du Made-in-France sont à ce prix. L’excès de réglementation sociale, de fiscalité, de contraintes administratives, handicape malheureusement trop souvent la créativité et la compétence de nos entreprises.

C’est à ces sujets que doit s’attaquer le gouvernement. La relance de notre industrie ne passe pas par son intervention comme entrepreneur, mais par son concours comme facilitateur. Dire qu’il y a peu de temps les syndicats de STX France, inquiets, demandaient la nationalisation du site ! C’eût été, sans doute, le meilleur moyen de faire fuir le client.
Il n’y a pas de fatalité au déclin. L’exemple de Saint-Nazaire doit indiquer le cap à la politique de MM. Hollande et Ayrault. »